LES NOUVELLES À LA TÉLÉ (24.10.03)

Merci d'être avec nous sur RFI. Il est 23 heures à Paris, 21 heures en temps universel. Bonsoir à tous

JF : 33 milliards de dollars. C'est l'argent donné ou promis pendant la conférence de Madrid. Une conférence qui réunissait 73 pays, pour trouver de l'argent pour reconstruire l'Irak

G : Le Mali est en fête, à l'occasion de la visite du président français. Jacques Chirac est arrivé aujourd'hui à Bamako

JF : Au Libéria, les rebelles du LURD demandent la démission du président Guyde Bryant, deux semaines après son arrivée au pouvoir. On entendra le chef du LURD Sekou Damate Conneh

G : Et puis, comme chaque vendredi, à la fin de ce journal, nous répondons à la question de la semaine

JF : Les Etats-Unis sont très satisfaits. C'est le porte-parole du secrétaire d'Etat américain Colin Powell qui le dit

G : Pour les Américains, la conférence de Madrid est une réussite. Cette conférence, vous le savez, réunissait les représentants de 73 pays en Espagne. Elle devait permettre de trouver de l'argent pour la reconstruction en Irak

JF : Certains pays ont annoncé qu'ils donnaient de l'argent, d'autres qu'ils en prêtaient, certains encore, ont dit qu'ils en avaient déjà donné...

G : Bref, c'est un peu compliqué, mais au total, environ 33 milliards de dollars ont été promis pendant cette conférence

JF : Le Japon a dit qu'il donnerait beaucoup : 5 milliards de dollars. 833 millions, c'est ce que veut verser l'Union européenne

G : D'autres pays, par contre, ont dit qu'ils ne donneraient pas plus que ce qu'ils avaient déjà promis. Ce sont ceux qui s'étaient opposés à la guerre en Irak : la France, l'Allemagne, la Russie

JF : Le président afghan appelle au jihad, à la guerre sainte des Musulmans

G : Oui, mais c'est une guerre sainte pour la paix, pour la reconstruction, pour le désarmement

JF : En fait, le président Hamid Karzaï appelle les Afghans à tout faire pour la paix, il les appelle à rendre leurs armes

G : L'opération de désarmement a commencé aujourd'hui. Si elle se passe bien, ce sont 100 000 miliciens qui rendront leurs armes

JF : Des miliciens, ce sont des hommes armés. Ce ne sont pas vraiment des militaires, ce ne sont pas non plus des civils. En Afghanistan, vous le savez, il y a beaucoup de groupes d'hommes armés, de miliciens, qui se battent souvent entre eux

G : Si ces miliciens rendent leurs armes, cela donnera plus de pouvoir au gouvernement. Mais cela donnera moins de pouvoir aux chefs de ces groupes armés.

JF : C'est pour cela que cette opération de désarmement risque d'être difficile

G : Et pour donner envie aux miliciens de rendre leurs armes, le gouvernement leur a promis qu'il leur donnerait une décoration, de la nourriture, des vêtements et un peu d'argent

 JF : Décidément, les Maliens aiment Jacques Chirac. Ce soir, le président français a été accueilli par des cris de joie dans les rues de la capitale, Bamako. Un millions de personnes étaient venues le saluer. Ce matin, c'était aussi la fête lors de la première étape du président français, Tombouctou

G : Tombouctou, c'est à environ 1.000 kilomètres au nord-est de Bamako, là où commence le désert du Sahara. Il y avait des milliers de personnes, plus de 2.000 chameaux, des chevaux et des groupes de chanteurs et de danseurs

JF : Jacques Chirac a été accueilli par le président malien Amadou Toumani Touré. Comme hier au Niger, il a donné ses encouragements à la démocratie.

G : Le président français a aussi parlé des problèmes des producteurs de coton. Il a promis de les aider. Il faut dire qu'ils sont très inquiets, leur situation économique est très difficile en ce moment

 JF : Est-ce que la paix va vraiment revenir au Libéria ? C'est la question qu'on se pose, alors que le pays connaît de nouvelles difficultés

G : Le principal mouvement rebelle du pays demande au président Guyde Bryant de démissionner, de quitter son poste. Ce mouvement rebelle, c'est le LURD, les Libériens Unis pour la réconciliation et la démocratie

JF : Pourtant, ça fait peu de temps que le président est en place. Guyde Bryant a été nommé à son poste il y a deux semaines

G : C'est un président de transition, ce qui veut dire qu'il est au pouvoir de façon provisoire. On dit aussi président intérimaire. Il doit nommer un gouvernement de transition, lui aussi. Et il doit préparer des élections prévues dans deux ans. Après ces élections, son travail de président sera fini

JF : Guyde Bryant doit former un gouvernement avec des représentants des rebelles. C'est ce que dit l'accord de paix qui a été signé en août dernier, à Accra au Ghana

G : Hier, il a refusé de donner trois postes aux rebelles du LURD. Il a dit que l'accord de paix ne prévoyait pas que ces postes seraient donnés aux rebelles. C'est pour cela que le LURD veut voir partir Guyde Bryant. Ecoutez le dirigeant du LURD Sékou Damaté Conneh

G : C'était Sékou Damaté Conneh, au micro de Billy OKA DAMERI. Il parle d'un sommet extraordinaire, une réunion exceptionnelle

 JF : Au Burkina Faso, la fin de l'enquête sur la préparation d'une tentative de coup d'Etat

G : Vous vous en souvenez : 16 personnes ont été arrêtées depuis le début du mois. 14 militaires, et deux civils, 2 personnes qui n'appartiennent pas à l'armée. Elles sont soupçonnées d'avoir préparé un complot contre le président Blaise Compaoré

JF : On parle de complot quand des personnes se mettent d'accord secrètement pour faire du mal à une autre personne.

G : Le commissaire du gouvernement, celui qui s'occupe de l'accusation, a annoncé aujourd'hui que les personnes arrêtées vont être jugées par un tribunal militaire

JF : Elles risquent d'être condamnées à des peines de prison. Des peines qui peuvent aller de 5 ans de prison à la perpétuité. La perpétuité, c'est la prison à vie

G : Le commissaire du gouvernement a expliqué que les enquêteurs avaient trouvé des agendas chez le "cerveau" du complot. Le cerveau, c'est celui qui a tout organisé, c'est un peu le chef du complot

JF : Et ces agendas prouveraient que le chef du complot avait des liens avec des personnalités en Côte d'Ivoire et au Togo.

G : Ce n'est pas la première fois qu'il parle de ces liens. La Côte d'Ivoire et le Togo ont déjà démenti, les deux pays ont dit que ce n'était pas vrai

JF : Pour beaucoup d'amoureux de l'aviation, ce vendredi marquera la fin d'un rêve, le rêve du Concorde. C'était aujourd'hui son dernier vol

G : Concorde, c'est un bel oiseau blanc, peut-être l'un des plus beaux avions du monde. En tout cas, c'est le plus rapide des avions commerciaux, des avions qui transportent des passagers

JF : Et pour cause : c'est un avion supersonique. Autrement dit, il peut voler plus vite que la vitesse du son. Imaginez, c'est impressionnant : 2.300 km/h, à 18.000 mètres d'altitude !

G : Le problème, c'est que cet avion coûtait vraiment trop cher. C'est pour cela que deux compagnies aériennes seulement l'avait acheté : Air France, et British Airways, la compagnie britannique, anglaise

JF : C'est Air France qui a arrêté la première les vols de Concorde. Décision prise après l'accident qui avait tué 113 personnes à Gonesse, près de Paris.

G : C'était en juillet 2000. Les vols ont été arrêtés, ils ont repris, et ils se sont arrêtés définitivement à la fin du mois de mai dernier

JF : Seule British Airways avait continué les vols, jusqu'à aujourd'hui. Les 3 derniers Concorde ont atterri cet après-midi à Heathrow, l'un des aéroports de Londres

G : L'un d'entre eux venait de New-York. Il aura mis 3 heures pour traverser l'Océan Atlantique. A bord, des personnalités du monde économique ou du spectacle. Tous ont réalisé que c'était leur dernier voyage

JF : Concorde dans les airs pour transporter des passagers, c'est donc fini. Mais Concorde rentre définitivement dans l'Histoire de l'aviation

JF : Cette semaine une question de l'un de nos auditeurs les plus fidèles, Victorien Kouyé, de Cotonou au Bénin

G : Comme beaucoup d'entre vous, Victorien a été choqué par la mort de notre ami Jean Hélène en Côte d'Ivoire. Et il nous demande d'expliquer la différence entre un meurtre, et un assassinat

JF : Il y a une différence. Un meurtre, c'est quand on tue quelqu'un volontairement, qu'on donne la mort avec l'intention de la donner. Un assassinat, c'est donc un meurtre, mais qui a été prémédité

G : Prémédité, c'est à dire qu'on a préparé ce meurtre à l'avance. On a pris le temps de réfléchir avant de le commettre

JF : Merci en tout cas de tous vos messages de sympathie et d'amitié après l'assassinat de Jean Hélène

G : On vous rappelle notre adresse e-mail si vous voulez nous écrire : journal.facile@rfi.fr

JF : Sur Internet, vous pouvez aussi réécouter le journal, lire le texte et faire des exercices pour faire des progrès en français

Le journal en français facile" du 21/11/2003

Merci d'être avec nous sur RFI. Il est 21 heures en temps universel, 22 heures à Paris

Avec Jean-François CADET et Gwenael GLUCKSTEIN, bonsoir à tous

JF : Cela faisait dix mois qu'ils ne s'étaient pas rencontrés. Le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin et le président ivoirien Laurent Gbagbo se retrouvent en ce moment à Libreville au Gabon, pour discuter de la Côte d'Ivoire

G : C'était l'un des pères de l'indépendance en Centrafrique. L'ancien président David Dacko est mort hier au Cameroun.  La Centrafrique entre en deuil pour un mois

JF : C'est un programme qui a fait vivre la majorité des Irakiens depuis sept ans. Le programme pétrole contre nourriture se termine dans huit heures, à minuit heure de New-York

G : Et puis, comme chaque vendredi, à la fin de ce journal, nous répondons à la question de la semaine

JF : C'est une rencontre très importante qui commence en ce moment à Libreville, au Gabon. Une rencontre entre le ministre français des Affaires étrangères Dominique de Villepin, et le président ivoirien Laurent Gbagbo

G : Dominique de Villepin est arrivé il y a un peu plus d'une heure dans la capitale gabonaise. Les deux hommes vont se voir en tête-à-tête, et ils vont évidemment discuter de la crise en Côte-d'Ivoire. Ils dîneront ensuite avec le président gabonais Omar Bongo

JF : Et c'est important, parce que c'est la première fois qu'ils se revoient depuis le sommet de Paris. Un sommet qui avait suivi la signature des accords de paix à Marcoussis, en région parisienne. C'était en janvier dernier

G : Mais depuis, la situation est bloquée. Les anciens rebelles ivoiriens ont suspendu leur participation au gouvernement d'union nationale. Et puis, cette rencontre va peut-être améliorer les relations entre la France et la Côte d'Ivoire

JF : Après Libreville, Laurent Gbagbo ira au Burkina Faso, où il rencontrera le président Blaise Compaoré. Ce sera lundi prochain. Il se rendra ensuite au Mali, pour discuter avec le président malien Amadou Toumani Touré

JF : Un deuil national d'un mois a été décrété en Centrafrique après la mort de David Dacko. C'est ce qu'a décidé le président François Bozizé

G : David Dacko, c'est un ancien président centrafricain, l'une des grandes figures du pays depuis l'indépendance. Il avait dirigé le pays à deux reprises, entre 1960 et 1965, et ensuite entre 1979 et 1981

JF : David Dacko est mort hier soir dans un hôpital de Yaoundé, au Cameroun. Il avait 76 ans et souffrait depuis longtemps de problèmes de coeur, de difficultés pour respirer

G : C'est lui qui avait proclamé l'indépendance de la République Centrafricaine, le 13 août 1960. Moins de 6 ans après, dans la nuit du 1er janvier 1966, il avait été renversé par un coup d'Etat, organisé par son cousin, Jean Bedel Bokassa

JF : Bokassa qui devait ensuite se proclamer président à vie, puis empereur. David Dacko lui, passe plusieurs années en prison, avant de prendre sa revanche

G : Oui, en 1979. C'est lui qui revient au pouvoir après l'opération Barracuda, quand des parachutistes français font tomber Bokassa, profitant de sa visite en Libye. Ecoutez-le à l'époque, c'était juste au moment de son retour à la tête du pays

JF : Mais il ne restera en place que 2 ans : en 1981, il rend le pouvoir à l'armée, plus précisément au général André Kolingba

G : Parmi les réactions, celle du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, qui a fait part de son "immense tristesse". Celle de maître Nicolas Tiangaye, le président du Conseil national de transition, qui affirme que David Dacko ne s'est pas enrichi au pouvoir. Et celle de l'ancien Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé. Pour lui, David Dacko est le père du renouveau démocratique de la Centrafrique. Il salue aussi son souci de l'unité nationale

JF : L'ancien Premier Ministre centrafricain Jean-Paul Ngoupandé, au téléphone avec Carine FRENK

JF : En France, le Conseil constitutionnel  a donné son avis sur la nouvelle loi sur l'immigration

G : Le Conseil constitutionnel est composé de 9 personnes : 9 sages, qui sont chargés de dire si les textes de loi respectent ou non la Constitution, la loi qui est au-dessus de toutes les autres

JF : Globalement, le Conseil a validé le texte, il a dit que le texte du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy ne posait pas de problème. Sauf sur 3 points. Ces 3 derniers points ont été annulés

G : Notamment l'article qui obligeait la personne qui accueillait un visiteur étranger à payer elle même ce que coûtait sa visite et son retour dans le pays d'origine

JF : Le conseil s'est aussi opposé à deux points qui concernent les "mariages blancs"

G : "Mariages blancs", c'est comme cela qu'on appelle les mariages qui ont lieu, non pas par amour, mais seulement pour une chose : permettre à l'un des mariés de devenir Français, ou du moins de rester sur le territoire national

JF : Pour le Conseil constitutionnel, on ne peut pas obliger Monsieur le Maire à informer le préfet s'il sait que l'un des mariés est en situation irrégulière, que ses papiers ne sont pas en règle

G : Réaction du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas grave, l'essentiel du texte est toujours là

JF : Nicolas Sarkozy au micro de nos confrères de RTL

JF : Dans huit heures, ce sera la fin, la fin du programme pétrole contre nourriture en Irak. Pendant sept ans, ce programme a permis à 60%, plus de la majorité de la population irakienne de survivre

G : Tout se passait sous le contrôle de l'ONU. Le régime, dirigé par l'ancien président Saddam Hussein, était autorisé à vendre son pétrole. L'argent allait ensuite sur un fonds, un compte contrôlé par l'ONU. Cet argent servait à acheter de la nourriture et des médicaments qui étaient ensuite distribués à la population

JF : C'était une façon pour les Nations-Unies de contrôler toutes les marchandises qui entraient dans le pays, et de vérifier si ces produits pouvaient avoir une utilisation militaire. C'était aussi un moyen d'être sûr que l'argent serait bien utilisé pour les besoins de la population

G : Au fil des années, le programme a demandé des moyens de plus en plus importants. Des milliers de personnes travaillaient pour ce programme

JF : Aujourd'hui encore beaucoup d'Irakiens dépendent des distributions de nourriture organisées sous l'autorité de l'ONU

G : Que va-t-il se passer maintenant ? Eh bien, l'argent qui se trouve sur le compte géré par l'ONU a commencé à être transféré, déplacé sur un autre compte. Celui-là, il est contrôlé par la coalition américano-britannique. La coalition qui a promis de continuer à donner cet argent pour les besoins de la population

JF : Cette semaine, nous répondons à la question que nous pose Mahamat ABAKAR. Mahamat veut savoir d'où vient le mot Afrique

G : C'est une question très intéressante : aujourd'hui, l'Afrique, c'est le nom d'un continent, mais ça n'a pas toujours été le cas

JF : C'est un mot qui est né il y a très longtemps, au IIe siècle avant Jésus-Christ. Ce sont les Romains qui ont inventé ce nom, pour la première province, le premier territoire qu'ils ont conquis en Afrique

JF : Ils l'ont conquis, c'est-à-dire qu'ils en ont pris le contrôle, après une très longue lutte. Pendant 120 ans, ils se sont battus contre Carthage. Carthage, à l'époque, c'était une grande cité, très puissante. C'était même la rivale de Rome

G : Et à l'époque, ce que les Romains ont appelé l'Afrique, c'était donc juste un petit bout de terre, qui correspond aujourd'hui à la Tunisie, et à l'est de l'Algérie

JF : D'où vient le mot Afrique ? Eh bien, les Romains ont repris, ont adapté le nom d'une tribu berbère qui vivait à cet endroit. La tribu des Awrigha, que les Romains appelaient les Afri

G : Et ce n'est que beaucoup plus tard, au XVe siècle, que le mot Afrique est devenu le nom de tout le continent

 

"Le journal en français facile" du 11/12/2003

Merci d'être avec nous sur RFI. Il est 21 heures en temps universel, 22 heures à Paris.

Avec Jean-François CADET et Gwenael GLUCKSTEIN.

JF : Une page importante de la littérature africaine se tourne. L'écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma est mort aujourd'hui en France. Il était âgé de 76 ans.

G : Il faut une loi sur la laïcité. C'est la conclusion d'un rapport remis aujourd'hui au président français Jacques Chirac. Un rapport qui propose notamment des mesures sur les signes religieux à l'école. Explications dans ce journal.

JF : L'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing élu à l'Académie française. Une institution prestigieuse pour les écrivains.

JF : L'Afrique a sans doute perdu aujourd'hui un de ses plus grands écrivains. Ahmadou Kourouma. Il était Ivoirien, mais il vivait en France, à Lyon. C'est là qu'il est mort aujourd'hui à l'âge de 76 ans.

G : Ahmadou Kourouma était issu d'une famille de guerriers et de chasseurs ivoiriens. Il avait combattu dans l'armée française avant de se battre pour l'indépendance de son pays. C'était un écrivain engagé.

JF : Engagé, parce qu'il n'hésitait pas à dire haut et fort ce qu'il pensait. Par exemple, dans son premier roman, qui s'appelait "Les soleils des indépendances", il a montré sa déception après les premières années de l'indépendance des pays africains.

G : C'était aussi un déçu du communisme. Autant dire qu'il ne s'est pas fait que des amis : il est même obligé de partir en exil, de quitter la Côte d'Ivoire à plusieurs reprises, et d'aller s'installer en Algérie, au Cameroun, au Togo ou en France.

JF : C'est finalement assez tard qu'Ahmadou Kourouma a commencé à être connu du grand public. En 1999, avec son livre "En attendant les bêtes sauvages"...

G : ...et surtout deux ans plus tard avec "Allah n'est pas obligé". Un livre sur les massacres et les enfants-soldats du Liberia et de Sierra Léone. Un livre qui a reçu l'un des prix les plus importants pour un écrivain en France, le prix Renaudot.

JF : Car Ahmadou Kourouma écrivait en français. Pour lui, c'était la meilleure langue pour exprimer sa pensée, même s'il pensait que le français ne pouvait pas traduire tout ce que peut ressentir un Africain.

G : Amadou Kourouma sur RFI il y a 3 ans. Amadou Kourouma qui est mort aujourd'hui à l'âge de 76 ans.

JF : Les signes religieux à l'école, au travail, les fêtes religieuses... Ce sont les sujets auxquels le président français Jacques Chirac réfléchit. Il a reçu aujourd'hui un rapport sur la laïcité. Un document qui fait des propositions. Il a été écrit par une commission, un groupe de 20 personnalités, qu'on appelle aussi des "Sages".

G : Pour écrire ce rapport, ils ont travaillé pendant trois mois, ils ont rencontré des représentants politiques, religieux... Il faut dire que la question provoque un débat en France. La laïcité a été mise en place il y a presque un siècle. En 1905 exactement, avec une loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Aujourd'hui, certains pensent que cette loi ne suffit plus dans la société moderne. Jacques Chirac donnera son point de vue la semaine prochaine.

JF : Pour Bernard STASI, le président de la commission, la laïcité, c'est un mot qui a plusieurs significations. Bernard STASI.

G : Bernard STASI devant Frédérique MISSLIN.

JF : Alors, que dit la commission Stasi ? Eh bien, Juliette RENGEVAL, tout le monde a l'air d'accord sur un point : il faut une loi.

JF : C'est un drôle d'uniforme que l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing a reçu aujourd'hui. Un habit vert, un bicorne, c'est-à-dire un chapeau à deux pointes, une cape, et une épée...

G : Un uniforme qui a été créé il y plus de deux cents ans. C'est celui des membres de l'Académie française. Valéry Giscard d'Estaing a été élu aujourd'hui au fauteuil numéro 16 de cette institution.

JF : Avant lui, ce fauteuil était occupé par Léopold Sédar Senghor. Mais depuis la mort de l'ancien président sénégalais, en décembre 2001, il était resté vide.

G : Valéry Giscard d'Estaing fait désormais partie des Immortels, c'est comme cela qu'on appelle les Académiciens. Depuis la création de l'institution, en 1635, seuls 6 chefs d'Etat ont été élus pour en faire partie.

JF : L'Académie française a vu passer des écrivains, des artistes, des ministres, des militaires, des scientifiques, des religieux, des juges... Le principal travail des Immortels, c'est d'écrire leur dictionnaire, un dictionnaire très célèbre, et qui n'est pas encore terminé.